LE MENTAL – LE POINT DE VUE DU TANTRA

     Le mental, son pouvoir, notre aptitude à le connaître et à le maîtriser, voilà qui depuis toujours a fasciné l’homme dans sa quête de compréhension de lui-même et du monde qui l’entoure.

     Instrument mystérieux, difficile à apprivoiser, le mental suscite une forte admiration lorsqu’il est souple, maniable et qu’il possède une grande capacité d’accumuler des informations, de les connecter entre elles et d’en tirer de nouvelles conclusions, faisant ainsi avancer toujours davantage la science, la maîtrise de la matière, le confort, la connaissance en général.

     On pourrait presque le comparer à un ordinateur puissant, de plus en plus sophistiqué et capable de tâches multiples et complexes, qui nous offrirait une vie toujours plus sûre, plus agréable, et nous permettrait une meilleure prise sur la réalité matérielle. À l’époque de l’ordinateur et du livre électronique, le mental de chacun d’entre nous peut devenir le iPod, le iPad, l’outil hi-Tech ou l’interface qui gère notre place dans le monde et le pouvoir dont nous disposons, qui nous assure le succès au sein de la société moderne.

   Cependant, toutes ces capacités du mental utilisées à loisir dégagent une légère sensation de technicité dénuée de sentiments et semblent trop peu… humaines. C’est que nous devons nous rappeler que notre mental n’est pas uniquement  analytique. Pour se sentir parfaitement accomplis, la plupart des êtres humains ressentent également le besoin de manifester leur affectivité, leur créativité, leurs rêves, de valoriser des qualités comme l’intuition, le sens du partage et l’aspiration vers le bonheur… bref, toutes ces choses dévolues à la moitié droite de notre cerveau, diront les amateurs de neurosciences en essayant ainsi de mettre un peu d’ordre dans le fonctionnement infiniment complexe de notre mental, troublant et parfois troublé lui-même.

  Qui sommes-nous ? Des êtres dotés d’un esprit analytique, doués de raison, de sentiments, des êtres qui désirent être heureux ? Avons-nous une âme ? Qui fait la synthèse en nous de ces processus simultanés et parallèles ? Qui gère cette connexion indicible et pourtant jamais aléatoire entre notre conscient et notre subconscient de manière à rendre notre fonctionnement psychique à peu près cohérent et adapté à la vie ?

      Notre mental – voilà qui serait la réponse la plus simple. Mais cette solution ne résiste pas à une analyse plus attentive : la réponse à cette question ne peut pas être « l’ordinateur », avec son fonctionnement mécaniciste, incapable d’inclure dans l’équation la vie  affective… En fait, si on y réfléchit bien, le mental ne peut être qu’un instrument.

      Cet instrument de connexion peut parfois nous cacher les trésors les plus profonds de notre âme, ces trésors enfouis en nous, il peut nous faire tourner en rond et répéter les mêmes erreurs alors que nous sommes confrontés plusieurs fois à des situations similaires, sans nous aider à comprendre réellement ce qui nous arrive, sans nous permettre de bien gérer notre vie. Mais en même temps, il peut, tel un habile magicien, nous révéler une connaissance lumineuse.

     Le mental est comparable à un serviteur qui aurait pris les habits du maître de maison et serait parvenu à usurper la gestion de notre manifestation psychique si complexe, sans être pourtant le véritable centre de notre cohérence intérieure, l’essence de notre vie.

     Le Tantra, système philosophique et pratique né en Inde il y a plusieurs millénaires, décompose la structure mentale en trois niveaux :

–         Le niveau inférieur, le plus simple dans son fonctionnement, appelé manas en sanskrit, ou mental inférieur en français ; c’est celui qui « constate » les aspects les plus simples de la vie, celui qui traite et vérifie les information perçues par les 5 sens communs ; il fait en sorte que l’être s’adapte le mieux possible à la vie dans un corps matériel, ce qui inclut la gestion de l’ensemble de ses besoins énergétiques et émotionnels, ainsi que de ses besoins de communication, tout ce qui constitue ce qu’on appelle généralement « la vie quotidienne ».

–         Le niveau médian, appelé mental supérieur, ou intelligence, qui analyse ces informations dans un sens plus profond : quelle est la source de ces informations? quelles en sont les conséquences? Ce niveau de la structure mentale est celui du discernement entre ce qui est « bien » et ce qui est « mal », celui de la mémoire (de nos différents types de mémorisation), de la concentration et de la focalisation de nos moyens intellectuels, etc.

–        Le troisième niveau, le plus subtil et le plus raffiné, extrêmement complexe, appelé supramental ; il perçoit instantanément les intuitions et les liens de causalité (les relations de cause à effet entre tous les phénomènes de la manifestation). À ce niveau, on perçoit les aspects fondamentaux plutôt que la diversité des formes, la compréhension et l’amour sont intégrés dans une vision unifiée qui se trouve à la source du bonheur fondamental, sans égal, sans commencement ni fin qu’est  SAT-CIT-ANANDA (en sanskrit), c’est-à-dire  : vérité – conscience – béatitude.

     À cette approche théorique fondamentale qui décrit la structure interne du mental, le Tantra ajoute depuis des millénaires des méthodes pratiques essentielles qui mènent à la maîtrise du manas (ou mental inférieur), au développement harmonieux du mental supérieur (ou intelligence) et au déploiement des ressources du supramental dans l’être de chacun.

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